Viktoria Mullova Violin

Estonian National Symphony Orchestra, Paavo Järvi

Arvo Pärt

Purchase Options

ONYX CLASSICS – ONYX4201

Underpinning lovely playing, it’s the performers’ sensitivity to Part’s mathematically-inspired structures that lends real eloquence to his soundworld. The sense of proportion in tempo, phrase… — 

ARVO PART
by Remy Louis
Read More

Darf ich... Fratres. Passacaglia. Tabula rasa*. Spiegel im Spiegel**.

Enregistre en aoCit 2017 au Estonia Concert Hall, Talinn (Estonie) par Aude-Marie Piloz et en mai 2018 au Saffron Hall, Saffron Walden (GB) par Simon Kiln. Violon solo et orchestre se joignent dans une image sonore splendide par son relief et sa profondeur. Espace acoustique particulierement aere. Les crescendos et les fortissimos deploient une matiere sonore singulierement consistante.

Chez les Jarvi, la musique d'Arvo Part est affaire d'amitie autant que de famille, et cela ne tient pas seulement a leurs racines estoniennes communes. Neeme, le pare (createur du formidable Credo en 1963, qui lui valut des ennuis avec les autorites sovietiques), Paavo et Kristjan, les fits, I'ont tous defendu et enregistre. Le week-end voulu par Paavo Jarvi a la Philharmonie en septembre 2015, pour celebrer les quatre-vingts ans du déjà legendaire compositeur, restera cornme un moment phare de son mandat avec l'Orchestre de Paris.
Ecrites sur une periode de plus de vingt-cinq ans (de Tabula rasa, 1977, a Passacaglia, 2003), les oeuvres relevent toutes de la deuxieme maniere de Part. Inauguree a ses yeux par Ia piece pour piano Fur Alina (1976), elle s'est nourrie de ('etude poussee des polyphonies de Josquin, Machaut ou Ockeghem. « Une ou deux notes, un accord parfait, une tonalite unique » y delivrent, selon ses propres mots, le materiau « le plus primitif ». Le celebrissime Fratres a connu plusieurs etats de la main du compositeur depuis ('original pour chceur ; ii est ici presente dans sa version pour violon, orchestra a cordes et percussion (1991). Qui dit Part dit aussitot Gidon Kremer. Au-dela de l'epure et de la simplicite de moyens quill revendique, l'univers de Part est en effet tres accueillant (paradoxalement ?) aux forts caracteres. A cet egard, Mullova ne craint pas la comparaison avec son aIne letton, tant elle habite Ia musique d'etats interieurs differents, sans chercher a lisser le son. Sa tension a fleur de peau donne une force envoUtante au prelude instrumental de Fratres, pris dans un tempo allant ; elle creuse les contrastes expressifs et les articulations des differents episodes, mais aussi de Lucius, le premier volet du concerto pour deux violons, piano prepare et cordes qu'est Tabula rasa. L'opposition de climat avec le second, Silentium, tout entier construit sur une extinction progressive, Wen est que plus forte — et le dialogue avec Florian Donderer est fusionnel. De meme, elle porte irresistiblement la Passacaglia jusqu'au vertige.

L'intensite et la nudite des timbres (les harmoniques !) sont rehaussees, on pourrait presque dire corsees, par une prise de son tres presente, proche des instruments, qui nous fait ressentir leur vibration. Cote orchestre, elle nous baigne dans un espace et un temps illimites, Paavo Jarvi creant un continuum lyrique quasi immobile, mais aussi tres dense et actif a la fin de Ludus, qui laisse le champ libre a l'effet hypnotique de la musique. Cet aspect envoUte dans le tres epure Spiegel im Spiegel pour violon et piano, dont le cineaste Gus Van Sant a fait dans le plan d'ouverture de son film Gerry une utilisation presque aussi forte que celle d'Atmospheres de Ligeti par Kubrick dans celui de 2001, l'Odyssee de ('espace. Si on osait, on suggererait que le bref Darf ich... est a Part ceci ue Le Chant des oiseaux etait aPau Casals — mais it est encore plus resserre. Avivee de bout en bout par l'intensite de ces lectures, Ia disponibilite interieure a 'ague' Ile invite sa musique engendre un bouleversant voyage.